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Quoi de neuf pour mes finances ?

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A l'heure ou les cartes politiques sont en phase d'être rebattues, le système financier est au cœur du  débat. Accusé de tous nos maux, il est le centre des attaques et une cible à abattre. Pourtant, cette finance déraisonnable, qui oublie de remplir sa fonction originelle à savoir, financer l'économie, a profité à chaque citoyen pendant plus de dix ans. He oui, à qui profite le crime ?  Pas seulement aux financiers : retour sur la chronique d'une catastrophe annoncée.

Aux origines

Le système bancaire et financier actuel est véritablement né avec la loi bancaire du 25 janvier 1984 définissant un cadre juridique commun à tous les établissements bancaires qui auront désormais le même nom : "établissements de crédit".

L'idée de la banque universelle voit alors le jour. La banque peut à la fois prêter, financer et recevoir des dépôts. Ses clients peuvent être des banques, des institutions financières, des particuliers ou des entreprises. La boite de pandore est alors ouverte.

Dans le même temps, l'Etat se désengage du capital des banques avec une vague de privatisations sans précédent (Compagnie financière de Paribas et Suez en 1986, Société générale en 1988, Groupe BNP en 1993, BFCE et Crédit Local de France en 1995, le CIC en 1998, le Lyonnais en 1999).

Dès lors, le financement de l'économie devient presque totalement privé.

La boite de pandore américaine

Dans le même temps, aux Etats-Unis, le "Glass Steagall Act" ou loi de séparation des fonctions bancaires crée en 1933 à la suite de la grande dépression est abrogée par l'administration Clinton (1999). Cette loi prévoyait de séparer la banque de dépôt et la banque de financement et d'investissement.

Le gouvernement américain des années 30 avait souhaité que la crise de 1929 ne puisse pas se reproduire. Le fait que les banques puissent avoir à la fois des activités de marché et des activités de dépôt leur avait permis "d'utiliser" l'argent des particuliers pour financer des activités spéculatives.

Le "Glass Steagall Act" en voulant protéger les épargnants américains freinait également le développement de l'industrie bancaire américaine notamment en interdisant aux banques d'intervenir sur l'ensemble du territoire américain. L'abrogation de la loi permit aux banques américaines de connaître un essor sans précédent de 2000 à 2007 avec les conséquences que l'on connaît.

Homo credulus à homo cupidus

Ces formidables mutations des systèmes bancaires et financiers mondiaux ont permis aux populations de bénéficier de conditions financières très avantageuses avec des taux d'intérêts bas et avec une inflation atone.

Le particulier a eu accès, pendant près de dix ans, à des conditions financières excellentes et dans le même temps a pu bénéficier de rendements tout aussi exceptionnels (immobilier, marchés actions).

Le particulier a donc changé sa perception du système bancaire et financier en pensant qu'un investissement pouvait rapporter plus de 10% par an sans risque, ce type de rendements étant devenu la norme dans l'inconscient collectif. Connaissez vous beaucoup de patrons qui accepteraient de vous augmenter de 10% par an pendant 10 ans avec une inflation à 2% et une croissance à 3% ?

Restructurations

Si les banques ont largement participé à la crise que l'on connait en ne réintégrant pas une partie des dépôts des particuliers dans l'économie (en limitant notamment l'accès au crédit des entreprises, en titrisant les prêts immobiliers, en intermédiant au maximum leurs interventions), les particuliers ont également profité de conditions extrêmement favorables pendant plus d'une décade.

La crise, qui est loin d'être finie, va nous obliger à reconsidérer nos perspectives de gains sur les placements financiers ou immobiliers. Le système bancaire et financier va devoir, une nouvelle fois, être repensé afin de lui permettre de remplir son rôle premier : le financement de l'économie réelle.

Une question subsiste toutefois : existe-t'il un modèle idéal en la matière ?

Par Marianne IIZUKA, co-fondatrice d'Edubanque.com

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