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Baisse des taux historique de la BCEPar la voix de son président, Mario Draghi, la Banque Centrale Européenne (BCE) a annoncé jeudi 4 septembre baisser ses taux sur les opérations de refinancement bancaires via l'Eurosysteme de 10 points de base à 0,05%. Le taux marginal d'emprunt est lui aussi abaissé de 10 points à 0,3%. Ces mesures rapprochent dangereusement l'Europe des taux négatifs.

Les dépôts sont eux abaissés de 10 points de base à -0,20%. Du point de vue de la Banque Centrale, la situation économique et financière s'aggrave en Europe.

La planche à billets européenne

Il n'y a pas que les Etats-Unis qui savent faire fonctionner la "planche à billets", l'Europe vient de le prouver. Afin de maintenir un système bancaire en état de fonctionner, la Banque Centrale Européenne n'hésite pas à inonder de liquidités, dans l'urgence, son système monétaire. 

A l'instar de la FED aux Etats-Unis il y a 5 ans, la Banque Centrale Européenne met en place un programme de rachats d'actifs de grande envergure. Ainsi, l'Eurosystème va racheter "un large portefeuille d'actifs (ABS) [...] dont le sous-jacent est constitué d'engagements contre le secteur privé non-financier de la zone euro" indique la BCE. 

La mesure doit permettre de faciliter l'accès au crédit de l'économie réelle.

Un second programme de rachat d'actifs appelé CBPP3 est également prévu sur un large portefeuille d'obligation en euros émises par les institutions financières. Celui-ci ressemble fortement aux fameux Quantitative Easing (QE) de la FED. 

Toutes ces mesures de rachat seront mises en oeuvre en octobre 2014 et seront annoncées lors du prochain conseil des gouverneurs de la BCE. 

Comment fonctionnent ces deux programmes ?

Les banques octroient des crédits aux particuliers et aux entreprises tous les jours. Ces crédits (hors immobilier) sont ensuite regroupés par types et durée de vie (maturité) dans des portefeuilles qui serviront de sous-jacent aux ABS c'est à dire de garantie.

Les portefeuilles ainsi créés sont ensuite vendus à des entités spécialistes (SPV ou Special Purpose Vehicule) dont le seul travail est de les détenir. 

Programme de quantitative easing de la Banque Centrale Européenne 2014

Ces portefeuilles sont ensuite mis en contrepartie d'un produit financier que l'on appelle ABS ou Asset Backed Securities dont ils deviennent les sous-jacents. Cette technique est appelée titrisation. Pour mémoire, la crise des subprimes a commencé par un effondrement des valorisations d'une classe d'actifs appelés MBS (Mortgage Backet Securities) et dont le sous-jacent était les emprunts immobiliers des particuliers. 

La titrisation des portefeuilles de crédit permettent aux banques de sortir de leur bilan les crédits ainsi regroupés à condition de trouver un acheteur pour leurs ABS. Aujourd'hui, c'est donc la BCE qui se porte acheteuse de ces titres. L'idée ici est de donner aux banques la possibilité d'augmenter la part de crédits octroyés aux entreprises en libérant les bilans des banques. 

Certains pays grincent des dents

Certains pays de la zone euro ne sont pas en faveur d'une politique accomodante pour les banques. Concrêtement, ce programme de rachat vise à faire sortir, du moins temporairement, du bilan des banques européennes certains actifs, leur permettant ainsi d'alléger celui-ci de portefeuilles de crédits.

Certains pays comme l'Allemagne pensent que ce système revient à faire payer aux contribuables Européens les manquements des banques européennes et surtout à pallier au manque de réformes de pays comme la France ou l'Espagne. 

Ce qui est certain, c'est que la BCE s'engage dans un jeu dangereux. 

Marianne IIZUKA

Pour en savoir plus :

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