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Le dossier GrecLa volatilité est de retour sur les marchés depuis plusieurs semaines notamment en raison du dossier grec, mais aussi d’un possible relèvement des taux d’intérêts américains en septembre 2015. Il faut ajouter à cela la limitation de la croissance chinoise voulue par pékin pour que les marchés soient de nouveau volatils.

Les autorités grecques et européennes avaient jusqu’au 30 juin pour trouver un accord sur la Grèce.

Grèce : vers un nouvel accord

Les autorités grecques et européennes avaient jusqu’au 30 juin pour trouver un accord sur la Grèce. Ce ne sera ni le premier ni le dernier mais c’est la première fois qu’une sortie d’un pays de la zone euro est réellement envisagée. Baptisé « grexit », terme qui symbolise cette sortie, les politiques semblent de plus en plus incapables de gérer correctement cette crise à tel point que Mme Lagarde a lâché, en sortie de réunion la semaine dernière, souhaiter de nouvelles négociations « avec des adultes »: ambiance.

Si le sujet n’était pas si grave, cette déclaration serait presque drôle.  Une sortie de la Grèce aurait des conséquences incalculables sur ce pays, mais aussi sur le système bancaire. En premier lieu, le retour à une monnaie domestique serait envisagé provoquant un décrochage de celle-ci  (dévaluation) suivi d’une très longue période de déflation, ruinant le pays pour des dizaines d’années, mais le rendant attractif sur certains points.

Ensuite, les banques grecques feraient faillite entrainant dans la foulée les banques européennes partenaires ou détenant des avoirs grecs les plus fragiles. Pour le peuple grec, cette sortie serait une catastrophe et ne serait pas sans conséquence au niveau européen. Nous savons aujourd’hui qu’aucun accord sur la Grèce n’a été trouvé, voici pourquoi.

L’art de la politique grecque

La constitution grecque, comme toutes les constitutions, présente des particularités qui dans le contexte actuel seront sans doute à l’origine de l’échec des négociations en cours. Les intérêts personnels des élus du peuple passant, une fois de plus avant l’intérêt général. Lorsque le parlement est dissous en Grèce, il ne peut de nouveau l’être pendant une période d’un an. L’assemblée en place actuellement est dans ce cas, puisqu’elle résulte d’élections anticipées suite à une dissolution du Parlement et non pas à des élections ordinaires.

Dans le même temps, si le Premier ministre grec perd la confiance des députés, en soumettant au vote du Parlement un texte qui se voit rejeté, la « coutume » veut qu’il remette sa démission au Président qui ne pourra pas, dans ce cas précis, dissoudre le Parlement. Naturellement, le texte actuel issu des discussions entre créanciers et  le conseil de l’Europe a peu de chances d’être approuvé par les députés grecques, notamment en raison de l’augmentation de la TVA dans certaines provinces dont sont issus certains parlementaires qui s’y opposent formellement.  M. Tsipras ne prendra pas le risque d’un vote négatif l’obligeant à démissionner.

Une seconde solution serait pour lui d’invoquer « l’urgence nationale », dispositif prévu par la constitution. Dans ce cas, le Président n’aurait d’autre choix que de dissoudre le Parlement, ce qui enclencherait un nouveau processus électoral dans les 30 jours suivant la dissolution.

Dans tous ces cas, M. Tsipras devrait démissionner et ne serait sans doute pas réélu s’il se représentait. C’est la raison pour laquelle il a décidé unilatéralement de mettre en place un référendum rapidement, laissant ainsi le choix au peuple grec de voter l’accord provisoire avec les créanciers grecs. C’était la seule solution pour que M. Tsipras, d’une part, reste en place, et d’autre part, pour que le refus de signer les accords soit justifié d'un point de vue politique.

Rejet des propositions européennes

Le 26 juin, les autorités grecques ont donc rejeté « unilatéralement » les propositions faites par les institutions européennes (la Commission Européenne, la Banque Centrale Européenne et le FMI) au motif que la décision devait revenir au peuple grec. Ce plan avait été négocié depuis le mois de février avec les différentes parties. Celui-ci était un prérequis à un nouveau déblocage de l’aide financière d’urgente de l’Union Européenne à la Grèce.

Pour les raisons que je vous ai exposées ci-avant, le gouvernement grec a rejeté ces propositions demandant une prolongation de la date butoir du 30 juin 2015 au 5 juillet 2015, date à laquelle doit se tenir le référendum.

Le chat et la souris

Les tensions entre les parties aux négociations étant à leur comble, l’euro groupe a ainsi acté de la décision grecque et par la même acté un défaut de la Grèce auprès du FMI le 30 juin 2015. Afin de rassurer les européens, les ministres de la zone euro concernés, ont indiqué dans un communiqué commun que « la zone euro utilisera pleinement tous les instruments à sa disposition lui permettant de préserver son intégrité et sa stabilité ». Du reste, seul un accord avec la Grèce aurait permis de préserver cette stabilité de manière efficace.

Les prochaines étapes du dossier Grec seront donc cruciales pour l’avenir de l’euro groupe et de la zone euro mais surtout pour le peuple grec, qui pendant que ces nombreuses discussions de haut vol se tiennent au sommet, s'interroge sur son avenir. Le "non" des grecs au référendum du 5 juillet 2015 acte donc la sortie de la grèce de la zone euro.

Sortie de la Grèce de l'eurogroupe

Il est aujourd'hui fortement envisagé que la Grèce quitte la zone euro. Le dossier grec a déjà couté 240 milliards d'euros à l'Europe alors que ce pays représente à peine 2% du PIB européen : un gouffre. Devant l'incapacité du gouvernement grec à proposer de nouvelles réformes ou a assurer la mise en oeuvre de celles promises par le précédant gouvernement et visant à rembourser tout ou une partie de la dette, il serait compréhensible que les créanciers de la Grèce refusent une nouvelle ralonge, considérant le risque de non remboursement élevé.

En cas de sortie, la dette actuelle ne serait évidemment pas remboursée par la Grèce, c'est sans doute le calcul que fait le gouvernement grec. Cela dit, dans ce scénario noir, la grèce serait à court de liquidités d'ici au 20 juillet, et ne pourrait plus ni payer ses dépenses courantes, ni emprunter. Son système bancaire serait ruiné. 

La citoyenne européenne que je suis se pose aujourd'hui plusieurs questions : est ce que le gouvernement grec est à la hauteur des enjeux auxquels fait face son pays aujourd'hui ? Comment se fait-il qu'après cinq mois de négociations l'ensemble des pays n'aient pas réussi à se mettre d'accord sur un traitement de cette crise pourtant prévisible ? Une commission d'audit indépendante des finances du pays aurait dû être mise en place avant toute discussion préalable et afin de poser les bases du problème. Pourquoi une telle mesure n'a t'elle pas été prise ? Enfin, comment cette somme de sommités et d'experts a t'elle été en incapacité d'arriver à un consensus ?

Cela démontre à mon avis, une incompétence remarquable des responsables en place à communiquer entre eux. L'Europe donne une image déplorable de cacophonie devant l'Asie et les Etats-Unis et affaibli durablement la position européenne dans le monde.

Marianne IIZUKA

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